Agathe Mainguy
Francia
Présentation travail Agathe Mainguy
Le collage, c’est une lutte. Une lutte légère et joyeuse, mais une lutte tout de même, pour ne plus être figurative, intellectuelle, pour sortir de ma culture « classique », pour être brute, pour être libre. C’est mon utopie personnelle. Ce que je préfère, c’est la récolte. J’adore piller les boîtes à livre et les poubelles, écumer les brocantes, les puces et les vide-grenier. Je suis une obsessionnelle de l’accumulation, des piles de livres et de papiers divers composent d’improbables gratte-plafond dans mon salon. Ensuite, je regarde, je feuillette, je rêve, j’arrache, j’entasse, j’oublie dans des boîtes pour redécouvrir plus tard. J’aime cette contrainte, faire à partir de ce qui a été trouvé et ne jamais savoir ce qui va in fine émerger. Toutes ces images qui n’étaient pas faîtes pour se rencontrer et qui se retrouvent là, à créer une nouvelle histoire, à refléter une ambiance ou une humeur, constituent un mystère que je ne veux surtout pas percer. Paradoxalement, chacun de mes collage raconte une chose très précise pour moi. Mais, comme au théâtre, l’interprétation la plus juste est toujours dans les yeux des spectateur.ices, jamais dans ceux des metteur.euses en scène.
Présentation perso Agathe Mainguy
J’ai grandie dans un monde rempli d’images. Sortant des livres, de la peinture, de la gravure, ou du dessin, dans les musées et les galeries, mais aussi à la maison, elles emplissaient mon imaginaire. J’ai grandie dans un monde de papier, de toiles, d’encres, d’huiles, de gouaches et de crayons. Petite, j’allais en douce sentir les odeurs de l’atelier de ma mère, la térébenthine, le white spirit, les vernis, les acides pour la gravure, les crayons fraîchement taillés, la poussière des pastels et des fusains. Le soleil du sud, partout, éblouissant, saturant les couleurs, intensifiant les contrastes, creusant les ombres, créait autour de moi un univers en technicolor. Et la chaleur, accablante, m’invitait à la contemplation, à la paresse, à l’observation tranquille. Entre les siestes sur le carrelage, coincée entre les pattes du chien, et la dégustation d’oranges mangées à même l’arbre, souvent solitaire, je lisais, dessinais, regardais le petit monde magique des insectes dans le jardin, et rêvais. Et puis j’ai fait du théâtre. Aujourd’hui, j’enseigne le théâtre, je crée des spectacles, souvent pour les enfants, avec des amies musiciennes et plasticiennes, et je colle. Le collage vient du plus profond de mon enfance, de cette accumulation de mots et d’images, de l’esprit libertaire si propre aux enfants, et de ma découverte, fascinée des Enfantillages de Claude Roy qui m’ont faite entrer dans la poésie, celle des mots et des images conjugués.












